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Écoulement mammaire sanglant : est-ce forcément un cancer ?

Photo du rédacteur: Dr Armonie Devillers
Dr Armonie Devillers
8 sept.
6 min de lecture

La découverte d'un écoulement mammaire sanglant est une situation particulièrement anxiogène. La présence de sang au niveau du mamelon fait immédiatement craindre un cancer du sein. Pourtant, même si ce symptôme ne doit jamais être banalisé, il ne signifie pas systématiquement qu'une tumeur maligne est présente.

En pratique, un écoulement spontané, unilatéral, provenant d'un seul pore du mamelon est considéré comme un écoulement pathologique. Contrairement aux écoulements provoqués, bilatéraux ou lactescents, il traduit le plus souvent l'existence d'une lésion développée à l'intérieur d'un canal galactophore. Cette lésion est généralement bénigne, mais un cancer peut également en être la cause.

L'objectif du bilan n'est donc pas uniquement d'éliminer un cancer, mais surtout d'identifier précisément la lésion responsable de l'écoulement afin de proposer la prise en charge la plus adaptée.

Grâce aux progrès de l'imagerie du sein, il est aujourd'hui possible d'explorer efficacement la majorité des écoulements pathologiques grâce à la mammographie, à l'échographie mammaire et, dans certaines situations, à l'IRM mammaire ou à l'angiomammographie.


Écoulement mammaire sanglant : est-ce forcément un cancer ?
Écoulement mammaire sanglant : est-ce forcément un cancer ?

Pourquoi un écoulement mammaire sanglant est-il considéré comme un signe d'alerte ?

Tous les écoulements du mamelon n'ont pas la même signification.

Certaines sécrétions sont dites physiologiques. Elles surviennent souvent après une pression sur le mamelon, concernent les deux seins, proviennent de plusieurs pores et sont généralement blanchâtres, laiteuses ou verdâtres. Elles sont fréquemment liées à des variations hormonales ou à une stimulation répétée du mamelon.

À l'inverse, un écoulement est considéré comme pathologique lorsqu'il présente plusieurs caractéristiques :

  • il apparaît spontanément, sans pression ;

  • il est unilatéral ;

  • il provient d'un seul canal galactophore ;

  • il est sanglant ou séro-sanglant.


Ces critères sont repris dans les recommandations de l'American College of Radiology (ACR) et de l'European Society of Breast Imaging (EUSOBI), qui recommandent une exploration radiologique systématique devant tout écoulement pathologique.

En consultation, ces éléments sont souvent plus informatifs que la couleur seule de l'écoulement.


Un écoulement mammaire sanglant est-il toujours lié à un cancer ?

Non. C'est sans doute la première information à retenir. Contrairement à une idée largement répandue, un écoulement sanglant n'est pas synonyme de cancer. En revanche, il traduit très souvent l'existence d'une lésion développée à l'intérieur d'un canal galactophore, qu'il convient d'identifier.

Les études publiées retrouvent une lésion bénigne dans la majorité des situations, principalement :

  • un papillome intracanalaire ;

  • une ectasie canalaire ;

  • plus rarement une inflammation chronique des canaux.

Selon les séries, un cancer est retrouvé dans environ 5 à 15 % des écoulements pathologiques, avec un risque qui augmente chez les femmes plus âgées, en présence d'une masse palpable ou d'autres anomalies cliniques.

L'objectif du bilan n'est donc pas simplement de répondre à la question « est-ce un cancer ? », mais surtout de déterminer quelle lésion est responsable de l'écoulement.


Quelles sont les principales causes d'un écoulement mammaire sanglant ?


Le papillome intracanalaire : la cause la plus fréquente

Le papillome intracanalaire est une petite tumeur bénigne qui se développe à l'intérieur d'un canal galactophore, le plus souvent juste derrière le mamelon.

Très vascularisé, il peut provoquer un saignement intermittent responsable d'un écoulement rouge ou brunâtre.

Ces papillomes mesurent parfois seulement quelques millimètres, ce qui explique qu'ils soient souvent difficiles à mettre en évidence en mammographie.


L'ectasie canalaire

L'ectasie canalaire correspond à une dilatation des canaux galactophores, généralement observée après 45 à 50 ans.

Elle peut être responsable :

  • d'un écoulement brun, verdâtre ou sanglant ;

  • d'une sensibilité sous-aréolaire ;

  • d'une inflammation chronique des canaux.

Bien qu'il s'agisse d'une affection bénigne, elle peut parfois entraîner des symptômes persistants nécessitant une prise en charge spécifique.


Les causes plus rares

Dans une minorité des cas, un écoulement mammaire sanglant peut révéler :

  • un carcinome canalaire in situ, parfois uniquement visible sous la forme de microcalcifications ;

  • un cancer infiltrant situé à proximité des canaux galactophores ;

Même si ces situations sont beaucoup moins fréquentes que les causes bénignes, elles justifient qu'aucun écoulement sanglant ne soit considéré comme anodin.


Quels examens réaliser devant un écoulement mammaire sanglant ?

Le bilan repose avant tout sur un interrogatoire précis et un examen clinique, puis sur une imagerie mammaire adaptée.

Selon les recommandations de la HAS, de l'INCa et des sociétés savantes internationales, les examens de première intention associent généralement une mammographie et une échographie mammaire, qui sont complémentaires.

 

Pourquoi la mammographie peut-elle être normale malgré un écoulement mammaire sanglant ?

La mammographie recherche notamment une masse, une distorsion architecturale ou des microcalcifications pouvant évoquer un carcinome canalaire in situ.

Elle peut toutefois être normale malgré la présence d’une lésion responsable de l’écoulement. Le papillome intracanalaire, cause fréquente d’écoulement mammaire sanglant, est souvent petit et situé juste derrière le mamelon. Il peut donc être difficile à visualiser, notamment dans les seins denses. C’est pourquoi une mammographie normale ne suffit pas à interrompre le bilan d’un écoulement pathologique.


Pourquoi l’échographie mammaire est-elle essentielle ?

L’échographie mammaire complète la mammographie par une analyse ciblée de la région rétro-aréolaire et des canaux galactophores.

Elle peut identifier :

  • un papillome intracanalaire ;

  • une ectasie canalaire ;

  • une petite masse sous-aréolaire ;

  • une anomalie invisible en mammographie.

Lorsqu’une lésion est retrouvée, l’échographie permet également de guider une biopsie mammaire.

L’association mammographie et échographie constitue ainsi le bilan de première intention d’un écoulement mammaire sanglant.


Quelle est la place de l'IRM mammaire ?

Lorsque la mammographie et l'échographie ne permettent pas d'identifier la cause d'un écoulement pathologique, une IRM mammaire peut être proposée.

Grâce à sa très grande sensibilité, elle est capable de détecter des lésions de très petite taille, notamment des papillomes ou des carcinomes peu visibles avec les examens conventionnels.

En revanche, elle présente plusieurs limites :

  • un examen relativement long ;

  • un coût plus élevé ;

  • une disponibilité parfois limitée ;

  • davantage de faux positifs, pouvant conduire à des examens complémentaires ou à des biopsies inutiles.


Pourquoi l'angiomammographie prend-elle une place croissante ?

Depuis quelques années, l'angiomammographie (ou mammographie avec injection de produit de contraste) s'impose comme une technique particulièrement intéressante en imagerie mammaire.

Comme l'IRM, elle analyse la vascularisation des lésions. Les cancers, mais aussi certains papillomes, développent une néovascularisation qui devient visible après injection d'un produit de contraste iodé.

Les études récentes montrent que l'angiomammographie possède des performances diagnostiques très proches de celles de l'IRM pour la détection de nombreuses lésions mammaires. Plusieurs travaux, notamment ceux de Jochelson, Lobbes, Patel et Fallenberg, ainsi que les recommandations récentes de l'EUSOBI, confirment son intérêt dans le bilan diagnostique de certaines anomalies mammaires.


Angiomammographie ou IRM : quels sont les avantages de l'angiomammographie ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'objectif n'est pas d'opposer ces deux examens, mais de choisir celui qui répond le mieux à la situation clinique.

Dans de nombreux cas, l'angiomammographie présente plusieurs avantages :

  • un examen très rapide, réalisé en moins de dix minutes ;

  • une excellente résolution spatiale grâce à l'utilisation d'un mammographe numérique ;

  • une corrélation immédiate avec les clichés mammographiques classiques ;

  • une meilleure accessibilité que l'IRM dans de nombreux centres ;

  • une excellente tolérance chez les patientes claustrophobes ou ne pouvant bénéficier d'une IRM.

Dans notre pratique en sénologie, l'angiomammographie constitue aujourd'hui une alternative particulièrement intéressante lorsque la mammographie et l'échographie ne permettent pas d'expliquer un écoulement pathologique ou lorsqu'une IRM est contre-indiquée.

Elle ne remplace pas systématiquement l'IRM, mais elle enrichit considérablement les possibilités diagnostiques offertes aux patientes.


Une biopsie est-elle toujours nécessaire ?

Non. Une biopsie mammaire est indiquée uniquement lorsqu'une anomalie est identifiée à l'imagerie.

Réalisée le plus souvent sous guidage échographique, elle permet :

  • de confirmer la nature de la lésion ;

  • de distinguer une anomalie bénigne d'un cancer ;

  • de guider la prise en charge thérapeutique.

Grâce à l'imagerie moderne, il est désormais possible d'éviter de nombreuses interventions chirurgicales diagnostiques inutiles.


Que faire si tous les examens sont normaux ?

Il arrive qu'aucune anomalie ne soit retrouvée malgré un écoulement persistant.

La conduite à tenir dépend alors de plusieurs éléments :

  • la fréquence de l'écoulement ;

  • son caractère spontané ou provoqué ;

  • l'âge de la patiente ;

  • les facteurs de risque personnels ou familiaux.

Selon les situations, une surveillance, un contrôle d'imagerie, une IRM, une angiomammographie ou plus rarement un avis chirurgical pourront être proposés. Chaque décision est individualisée.


En résumé

  • Un écoulement mammaire sanglant est toujours considéré comme un symptôme pathologique.

  • Dans la majorité des cas, il est lié à une lésion bénigne, le plus souvent un papillome intracanalaire ou une ectasie canalaire.

  • Un cancer est retrouvé dans une minorité des situations, ce qui justifie un bilan systématique.

  • La mammographie et l'échographie mammaire sont les examens de première intention.

  • Une IRM mammaire ou une angiomammographie peuvent être indiquées lorsque le bilan initial est négatif ou incomplet.

  • Une prise en charge spécialisée permet d'obtenir un diagnostic rapide et d'adapter le traitement.


Prendre rendez-vous pour un bilan d’imagerie du sein à Bordeaux

En cas d'écoulement mammaire sanglant, il est recommandé de consulter rapidement dans un centre de mammographie à Bordeaux spécialisé en imagerie du sein.

Selon votre situation, le bilan pourra associer une mammographie, une échographie mammaire, une biopsie mammaire, ou une angiomammographie, afin d'identifier précisément l'origine de l'écoulement et de mettre en place la prise en charge la plus adaptée.



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